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Champagne Lanson – Interview de Jean-Paul Gandon – Chef de Cave

Champagne Lanson : La puissance de l’histoire, la fraîcheur de la modernité.

Chez Lanson, l’art du Champagne sait subtilement s’appuyer sur ses racines pour évoluer avec son époque et ses aspirations gourmandes. Jean-Paul Gandon, son Chef de Cave, nous en révèle quelques secrets.

Quelles sont les particularités de la Maison de Champagne Lanson ?

Jean Paul Gandon : L’originalité de notre site. Nos caves sont creusées de plain-pied à la base du plateau calcaire d’une colline naturelle alors que les autres Maisons ont leurs caves en profondeur. Ce site a une superficie de sept hectares et demi. Quand Victor Lanson l’a acquis, il était en pleine campagne.
Aujourd’hui, il est au cœur de Reims. Au fil des années, nous avons développé aux côtés de ces crayères, des caves modernes, fonctionnelles, équipées d’outils technologiques novateurs, notamment pour l’habillage et la mise en carton des bouteilles.

Ces caves ont-elles une influence sur le style Lanson ?

Le style Lanson est né avec la Maison, et tient tout d’abord à ses lieux d’approvisionnement en raisins. La famille Lanson a commencé à faire ses achats à Verzenay, où nous avons toujours des pressoirs, puis dans toute la montagne de Reims, et enfin sur la Côte des Blancs. Car, à l’époque, c’est là qu’on récoltait le Chardonnay, notamment dans le village de Trepail dont les raisins sont très caractéristiques de notre style. Parallèlement, dès 1930, c’est sur la Côte des Bars et la vallée de l’Ours que nous nous sommes approvisionnés en Pinot Noir. L’autre caractéristique de notre signature, ce sont bien sûr les proportions de ces cépages qui nous sont propres, et enfin notre méthode d’élaboration.

C’est-à-dire ?

Tout est axé sur la mise en valeur des fruits, particulièrement des fruits frais que l’on doit retrouver en bouche, sur la recherche d’une certaine puissance via notre forte proportion en Pinot Noir. Ce cépage donne à nos vins leur volume, leur structure, et, enfin, une certaine fraîcheur. Cette fraîcheur est due à la fermentation naturelle de nos vins qui conservent intacte leur acidité. La fermentation malolactique n’est pas souhaitée chez nous. Nous restons sur les acides de la première fermentation, notamment l’acide malique qui est le support idéal des arômes de pomme, d’agrumes que nous recherchons et qui signent jusqu’en fin de bouche la fraîcheur Lanson.

Quelles cuvées mettez-vous en avant cette saison ?

Nous venons de sortir notre Millésime 2002 qui est l’un des plus beaux de cette décennie. Il a une ligne franche, de la matière et une très belle élégance. Il est construit pour accompagner les repas de famille, des poissons en sauce ou un goûteux mignon de veau. Il ne se sert pas trop froid, plutôt à 9, 10 degrés de température, mais on peut le déguster en faisant des variations de températures, en le montant à 12, 13, 14 degrés, ce qui fera ressortir sa belle diversité de goûts, sa complexité. Monsieur Lanson, qui était un grand dégustateur, avait l’habitude de dire qu’il ne faut pas confondre élégance, finesse et maigreur. Notre Blanc de Blancs Millésime 99, qui est un assemblage de trois grands crus de la Côte des Blancs, est travaillé sur cet équilibre très subtil entre finesse et expression. C’est une véritable dentelle aromatique.

Et le Clos Lanson ?

Il sortira en 2012. Nous avons la chance d’avoir sur notre site un hectare de Chardonnay. Ce vignoble est très intéressant, ne serait-ce que par son climat. Il est sur un plateau de craie fine abrité des vents dominants, qui chauffe vite et qui est bien drainé. Il est l’objet de toutes nos attentions. Nous le vinifions séparément, en barriques de bois. Mais je préfère ne pas trop en parler pour garder la surprise intacte.

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Propos recueillis par Catherine Jazdzewski © AdC – L’Agence de Contenu